Alan Stivell
Human Kelt

 

Setu  ( 52 bloaz, 52 ans, audio-préface )

 

   Setu  ( 52 bloaz, 52 ans, audio-préface )
 
Alan Stivell

 

Voici. Telle l’affiche (le « modeste » Voici Alan Stivell) que nous placardions, avec des copains, sur les palissades de la tour Montparnasse en construction et dans le Kreiz-Breizh, pour mon auto-lancement et renforçant ainsi personnellement les moyens limités de Philips-Fontana (en 1970)…

Daou vloaz ha hanterkant, cinquante deux ans que je chante et que je joue profession- nellement.

A la harpe celtique ressuscitée, sur la scène de l’Olympia, lors d’un Musicorama en 1ère partie de Line Renaud, dès l’âge de treize ans : on pourrait considérer que j’étais déjà semi-pro Et j’ai même connu la scène avant mes dix ans.

Le chant ? Il m’arrivait de le faire, comme beaucoup, dans des camps scouts. Puis, penn-soner (chef d’orchestre) du bagad Bleimor, je chantais pour mieux montrer l’interprétation voulue.

Mais il a fallu que je vois, automne 1965, à Censier (Paris) l’annonce des Hootenanies de Lionel Rocheman (vers la fin de Setu, on l’entend m’annoncer, avant que surgisse ma harpe à la manière d’une guitare rock) au American Center for Students and Artists, Bd Raspail, pour que j’ose enfin démarrer une « carrière » de chanteur et plus, car affinité.

Et je crains que, seul un contexte comme celui-là, allait permettre au timide maladif de mettre le pied à l’étrier. Il est possible que, sans ce hasard, je serais aujourd’hui prof. d’anglais (que je parlerais bien mieux…).

Setu, cette audio-préface est la bande-annonce, le défilé du casting de star-guests. Il prépare calmement l’auditeur à ce que va être mon « tour de la maison » et de beaucoup de mes orientations musicales. Je n’ai jamais voulu choisir entre des goûts les plus disparates qui soient. Et je conçois que ce non-choix peut en dérouter certain.es. Même si je connais des gens « un peu comme moi », ma prédilection pour ça va de pair avec ma quête inlassable de l’inédit et de l’original. Je crois vraiment ne pas y mettre d’orgueil et ne pas « faire mon malin ». C’est une attirance irrésistible pour l’inconnu, une curiosité qui n’est peut-être pas toujours un vilain défaut.

Me pencher sur ces plus de 50 ans, c’est aussi évoquer les nombreuses rencontres qui ne peuvent évidemment pas être présentes toutes ici. Il s’agit même de compléter ces rencontres par de nouvelles, même si pré-existait (je crois) déjà une estime réciproque. Et je trouve incroyable que mes invité.es aient répondu présent sans hésitation. Je veux les en remercier une fois de plus ici. Mil bennozh dezhe !